Sous ce titre, vous allez , au fil du temps, trouver des interviews de Rambertois passionnés par leur profession ou par leurs loisirs.
Aujourd'hui, nous découvrons un homme qui a été un grand sportif et qui est toujours un passionné, monsieur Robert ROUX.
Robert ROUX
Nous nous sommes rencontrés en mairie, et c'est en toute simplicité que nous avons évoqué ses premiers pas dans le monde sportif et survolé sa carrière sportive.
EB : Bonjour, monsieur ROUX ; vous avez reçu, il y a peu de temps, la médaille d’or de la jeunesse et des sports et de la vie associative, pourquoi cette importante récompense nationale du Ministère des sports ?
R.R. : Parce que nous sommes en 2010 ; j’ai débuté dans le sport au printemps de 1937 :Mes débuts ont été à l’école des sports du Rhodia club de Roussillon (Isère), sous la direction de l’international d’athlétisme, Léon COURTEJAIRE, qui avait participé aux jeux olympiques de Paris en 1924, il occupait le poste d’arrière dans l’équipe du Stade Français de Paris (rugby).
Dans ma famille, le sport préféré étant le football (mon père était le vice – président de la section football du Rhodia club et aussi secrétaire général du Comité Drôme – Ardèche de football), j’ai commencé à pratiquer, en premier, ce sport.
Sous la direction de Vincent Galland, international B –ex pro de l’O. G. C. Nice, avec l’équipe minime saison 1938- 1939, nous avons remporté le titre de champion du district du Rhône. A l’époque, nous avons eu une dérogation médicale, le comité Drôme – Ardèche n'organisait chez les jeunes que le championnat junior.
A la déclaration de la guerre de 1939, j’ai arrêté le football parce que je suis devenu pensionnaire à l’école primaire supérieure d’une localité de l’Isère où le seul sport enseigné était le basket-ball.
Durant l’été 1941, je me suis mis à l’athlétisme et en juin 1942, j’ai remporté le titre de champion de l’Isère dans la discipline « saut en longueur, catégorie cadet, et deux semaines après, à Grenoble, celui de champion du Comité des Alpes. en juillet de la même année, à Grenoble, j’ai participé à la demi finale du championnat de la France, zone non occupée, je me suis classé deuxième du saut en longueur cadet, juste après un nommé Augier, futur trois quart aile de l’équipe fanion du rugby club de Toulon.
EB : Au son de votre voix, j’en déduis que cette discipline vous plaisait énormément.
RR : Oui, mais j’ai bifurqué sur le sprint, surtout en 200 mètres, catégorie juniors.
C’était en juin 1943. Champion de l’Isère, coté Ouest quelques jours après à Grenoble (Isère), je me suis classé deuxième (vice- champion du Comité Dauphiné Savoie) dans le même temps que le vainqueur Miglietti Merger Sports de Grenoble.
Peu après, avec mes coéquipiers du Rhodia Club de Roussillon, nous avons remporté le titre de champion de ce Comité Dauphiné – Savoie au 4 fois 100 mètres en battant le record régional.
.Par devoir de mémoire, je dois vous citer les noms de mes regrettés coéquipiers, (hélas tous décédés) :
au départ : Yves JAIME, grand champion de judo quelques années après sur le plan régional, il est le véritable pionnier de cette discipline dans la vallée du Rhône, puis André BOUILLOT et Victor COLLET, (tous deux footballeur au Rhodia) qui m’a transmis le bâton du relais final.
EB : En cette période là, ce ne devait pas être facile de pratiquer un sport du fait des restrictions, des problèmes liés à la circulation....
RR : C’est vrai, ce n’était pas facile ; il était très dur de se déplacer : bombardements de l’aviation anglo-américaine, trains réservés aux troupes d’occupation allemande, sabotages effectués par le Maquis sur le réseau ferré... et pourtant on continuait à pratiquer soit l’athlétisme, le football, le rugby, la gymnastique, le cyclisme, etc…
En l’année 1944, année très difficile, quelques jours après le débarquement en juin des Alliés en Normandie, j’ai remporté au stade des Cités de Roussillon (Isère), le titre de champion de l’Isère coté Ouest du 200 mètres juniors en établissant la meilleure performance du Comité Dauphine Savoie.
Les championnats Dauphiné- Savoie qui devaient se dérouler à CHAMBERY furent supprimés, puis rétablis à VALENCE, mais à nouveau supprimer ;
Toutefois, ma performance aux 200 mètres m’avait donné le droit de prendre part aux championnats de France Juniors en juillet 1944. Comme tous les athlètes du Sud de la France, je n’ai pu m’y rendre.
EB : à la libération, vous avez renoué avec le sport, toujours en athlétisme ?
RR : Oui j’ai repris le sport, toujours au Rhodia- Club, mais au basket-ball, je jouais en équipe première, tout en devenant à 19 ans, le secrétaire de cette section, le président était monsieur GOEFERT, ingénieur chef de service aux usines de Rhône- Poulenc de Roussillon.
Coïncidence, fin septembre 1944, avec le Rhodia – Club, nous avons répondu à l’invitation d’un grand dirigeant du sport rambertois, monsieur Alexandre BOULLE ; A cette occasion, nous avons joué un math de propagande à Saint- Rambert-d’Albon, sur l’ancien terrain de football contre une sélection militaire des ETATS-UNIS, les militaires américains étaient stationnés sur le terrain d’aviation au hameau du Creux de la Thine.
J’ai joué au basket-ball une saison 1944- 1945, car je continuais à pratiquer l’athlétisme. Champion de l’Isère coté ouest du 200 mètres seniors, j’ai disputé une demi finale du Comité Dauphiné Savoie de cette discipline, ne pouvant accéder à la finale suite à une importante déchirure musculaire ; celle-ci, d’ailleurs, me fit abandonner l’athlétisme.
EB : plus de sport ?
RR : si, car en assistant au printemps 1945, en AVIGNON, à une rencontre du championnat de Provence de handball (ce jour là, le club vauclusien jouait contre le Sporting marseillais) je me suis pris de passion pour ce nouveau sport.
Avec le directeur sportif du Rhodia- Club, Georges VINAY (il avait joué avec l’équipe de France B) et le dévoué André VALLIN, nous avons été les pionniers du handball dans notre région.
EB : à quelle date et en quel lieu s’est déroulé votre premier match de handball ?
RR : mon premier match, (au début du handball une équipe se composait de 11 joueurs sur le terrain), s’est déroulé le 11 novembre 1947 au stade des Cités à ROUSSILLON, nous avons joué contre l’A.S.C.E.M. LYON dont l’actuel président de l’Olympique lyonnais, Jean- Michel AULAS a commencé le sport par le handball à 11 dans ce club.
Dans notre région, le handball à 11 a débuté durant la guerre par le championnat de la Drôme en 1941, 1942 et 1943 et puis après un arrêt a repris dans les années 1950. De notre coté, nous étions obligés de jouer des matches amicaux entre des clubs de Lyon, d’Avignon et de Dijon.
EB : Comment les rencontres officielles ont-elles repris ?
RR : le handball à onze a repris officiellement par la naissance du championnat Dauphiné Savoie excellence, saison 1948-1949, remporté par mon équipe devant l’Université Club Greneblois.
La même saison, au printemps 1949, avec mes coéquipiers (parmi eux Paul SANTIN, champion Dauphiné Savoie du triple saut quelques années auparavant et qui devint le secrétaire général du district Drôme Ardèche de basket-Ball) nous sommes le premier club civil dans la vallée du Rhône à jouer un match de handball à 7. Ce premier match à 7 a eu lieu pour les fêtes de Pentecôte à VILLEFRANCHE en Beaujolais, où nous avons rencontré l’équipe locale qui était championne du Lyonnais.
EB : lors d’une de nos rencontres, vous m’avez dit que vous avez joué contre des champions du monde de handball à onze, qui étaient-ils ?
RR : j’ai été retenu avec Georges VINAY (ex-champion de France B) pour une sélection officieuse lyonnaise- dauphinoise pour rencontrer au stade municipal du PEAGE DE ROUSSILLON, le HELLAS de STOCKHOLM, champion de SUEDE de HANDBALL à onze, parmi eux se trouvaient plusieurs champions du monde 1948. Ils avaient remporté le titre 11 à 4 face au DANEMARK qui avait éliminé la France en demi finale 17 à 4.
Lors de cette officieuse rencontre, malgré toute notre volonté, nos adversaires se sont montrés nettement supérieurs, score de la rencontre ; 20 à 5 !
J’ai continué à pratiquer le handball à onze lors de la saison 1950 – 1951, en janvier, j’ai joué en huitième de finale de la coupe de France avec le Rhodia, nous nous sommes inclinés 8 à 7 en Bourgogne face à l’Union Sportive. Cheminote de DiJON. Enfin pour ma dernière année de pratique, saison 1951 -1952, nous avons terminé deuxième derrière l’A.S.U. Lyon du championnat du Lyonnais honneur (la ligue Dauphiné Savoie étant depuis 1950 en sommeil), contre ce même club, nous avons été éliminés de la coupe de France en trente deuxième finale.
EB : vous avez continué en devenant dirigeant !
RR : c’est exact, mais tout en jouant, j’ai assuré tour à tour, le secrétariat de la section de Basket- Ball Athlétisme et Handball de 1944 à 1949.
Marié en 1949, j’ai pris du recul et en 1961, je suis revenu au Rhodia – club en tant que dirigeant de la section football jusqu’en 1985, j’ai même arbitré des matches officiels de cadets.
En 1967, avec le président LUMINET, nous avons créé le tennis club du Péage de Roussillon (Isère), premier club officiel de tennis en pays roussillonnais, le numéro de ma licence était le 2. Ah ! j’allais oublié, à la fin des années 1950, j’étais aussi membre du bureau de la section de natation du Rhodia dont l’équipe de Walter polo fut championne Dauphiné Savoie excellence avec des joueurs conne BATY, ROMANET, KIRAKOSSIAN, CORNU (finaliste du 1500 mètres en natation des jeux olympiques de Londres en 1948) En 1976, je suis venu habiter à SAINT-RAMBERT-D’ALBON avec ma famille. Pendant quelques années, après 1985, j’ai été membre du bureau de l’A.S. St- Rambert football jusqu’en 1994.
EB : et depuis ?
RR : J’ai toujours été passionné par le football, mon père fut tour à tour, secrétaire général, trésorier général et vice président du Comité Drome Ardèche de Football de 1934 à 1967.
Ayant écrit de nombreux articles dans les journaux régionaux, dont le Réveil du Vivarais et le journal sportif, l'Equipe de 1950 à 1981, je suis considéré par Dominique FOURNAISON , chef de service des sports Drôme Ardèche du Dauphiné Libéré ainsi que par P.H. DAGRONE, directeur de la publication du journal officiel de la Ligue Rhône Alpes (Foot Rhône Alpes) comme un journaliste sportif et comme historien du Comité Drôme Ardèche de football par mes recherches sur la période de l’entre deux guerres.