Il semble que les hommes aient commencé
à s'installer sur le territoire de Saint Rambert d'Albon vers le
VIème siècle avant J.C.. Le brassage des Celtes conquérants
avec la population locale constitua l'une des peuplades les plus réputées
de la Gaule : les Allobroges.
Dieu Gaulois
La présence Romaine apparue dès la fin
du IIème siècle avant J.C. pour ne disparaître
qu'à la fin du IIIème siècle de notre
ère. Pendant cette période, les romains
construisirent des routes pavées (la célèbre
"Via Agrippa" n'est autre que l'actuelle RN7),
et des villes comme : St Vallier (Ursolis), Tain (Tegna)
ou même Andancette (Figlinis). A St Rambert, la
ruine du "Cappa", qui faisait partie d'un ensemble
de magasins et d'entrepôts à proximité
du Port de Champagne, a pratiquement disparue. L'autre
témoignage de cette époque, un bâtiment
important avec une grande voûte, fut entièrement
détruit lors de la construction de la gare de chemin
de fer.
Fibule d'Art Alaman
Jusqu'à l'arrivée
des Burgondes dans la région (443), les peuples
du nord : Alains, Alamans, Vandales et Goths allaient
se succéder dans la vallée du Rhône
pour y semer la terreur et la désolation. Les Francs
chassèrent les Burgondes (534), et le pays retrouva
un certain calme malgré les invasions terribles
des Lombards (569-574) et des Sarrasins (731-737).
Vers cette époque fut fondé le Prieuré
de Faucemagne (peut-être situé dans le quartier
actuel de "Fixemagne") qui dépendait
de l'abbaye de l'Ile-Barbe (au nord de Lyon). Plus tard,
lorsque le corps de Saint Rambert fut transféré
à l'Ile-Barbe, les prieurés qui dépendaient
de l'abbaye reçurent le nom du Saint, et ainsi,
notre ville devint St Rambert sur Rhône, avant de
devenir St Rambert d'Albon.
Pendant la féodalité, les Comtes
d'Albon allaient construire un état puissant
et indépendant : le Dauphiné. Après
300 ans de souveraineté, le Dauphiné finit
par tomber aux mains des rois de France le 30 mars 1349.
St Rambert possédait alors plusieurs moulins (l'un
d'eux est encore visible au camping), plusieurs péages
routiers et une forteresse construite sur les ruines romaines
à l'emplacement actuel de la Gare.
La Tour d'Albon
Jusqu'à la révolution, le hameau continua
à survivre malgré les guerres de religion,
les razzias des troupes des Armées Royales de Louis
XIII à Louis XVI, la grande peste qui sévit
de 1628 à 1630, ou la famine de l'hiver 1709. La
révolution créa les cantons et les communes.
Ainsi, St Rambert, comprenant alors 335 habitants, fut
intégré à la commune d'Albon.
Le 24 avril 1815, St Rambert vit passer sous ses
fenêtres le long cortège accompagnant la
voiture de Napoléon, Empereur déchu, qui
prenait la route de son exil à l'île d'Elbe.
J- L Moreau de Bonrepos
Premier Maire
Au recensement de 1831, le hameau
compte 681 habitants. Et le 20 mai 1839, St Rambert est
élevé au rang de commune par Ordonnance
du Roi Louis-Philippe.
Après des années de travaux, la grande
ligne de chemin de fer qui relira Paris à la Méditerranée
voit le jour, et le tronçon Valence - Vienne est
mis en service le 17 janvier 1855. La ligne transversale,
de St Rambert à Grenoble est inaugurée le
7 septembre 1860 par Napoléon III et l'Impératrice
Eugénie. Une autre ligne,
vers St Etienne, fait de St Rambert un croisement ferroviaire
important.
Le marché hebdomadaire du vendredi est créé
en 1856. A partir des années 1860, s'installe quelques
industries : filature, fabrique de bougies, usine de produits
chimiques, tannerie, savonnerie, distilleries.
La place de St Rambert un jour de Marché
En septembre 1878, Gambetta, arrivé par le train,
fut acclamé par les Rambertois, avant de repartir
pour Romans où il devait prononcer le discours
célèbre qui était en fait le programme
de la IIIème République.
Dans les années suivantes, la culture fruitière
(pêches, abricots, cerises et fraises) connaît
un essor exceptionnel, et le marché aux pêches
de St Rambert fut longtemps le plus important de France.
La Grande Guerre et ses terribles
tranchées ont été le tombeau de Jean-Marc
Bernard, Poète Rambertois, balayé par un
obus le 8 juillet 1915.
Jean-Marc Bernard
L'avion de Jules Védrine
Le 21 avril 1919, l'avion de Jules
Védrines s'écrase dans une vigne au quartier
des Fouillouses.
Le 18 juin 1940, le dépôt
de locomotives de la Rotonde est bombardé par l'aviation
Allemande. Quatre ans plus tard, l'occupant en déroute
incendie la gare avant de fuir devant les troupes Franco-Américaines.
En 1956 fut inaugurée la nouvelle gare.
Les ruines de la gare de chemin de fer en 1944
La Route Nationale N°7 est une chance économique
pour St Rambert, mais le développement du trafic
devient rapidement une calamité pour ses habitants.
La création de l'autoroute A7 et de la déviation
de la RN7 permet à la ville de retrouver une certaine
sérénité. Le symbole de ville étape
que St Rambert a toujours représenté depuis
l'époque Romaine est encore présent au travers
de l'aire de repos d'Isardrome, nouveau relais des temps
modernes.
Les engins sur le chantier de la déviation
Pour en savoir plus :
- Histoire de Saint-Rambert-d'Albon, Ancien hameau du
Comté d'Albon - Pierre Martin - 1976 - Imp. Fauchery
à St Rambert.
- Le Rhône, un fleuve des hommes... - Roger Dessemon
- 1983 - Blanchard frères à Vienne.
- 150ème Anniversaire de la commune de St Rambert
d'Albon - ouvrage collectif - 1989 - Imp. du Vivarais
à Annonay.
- Mémoires de Rambertois, cinquante rambertois
parlent de leur siècle - ouvrage collectif - 2000
- Imp. Fauchery à St Rambert.